La boulimie est parfois confondue avec l’hyperphagie en raison de ses nombreux points communs.
Comment décrire la souffrance d’une personne qui ne peut s’installer à table sans arrière pensée, qui ne peut passer devant les magasins d’alimentation sans que ce soit un combat, qui ne peut accepter un resto ou un diner entre amis sans être prise par l’angoisse.
Manger ou ne pas manger, bouffer ou ne pas bouffer, sa faire vomir ou garder, telles sont les obsessions de chaque instant.
Les individus en proie avec ce trouble mangent sans fin, sans faim et in fine avec peu de plaisir. Tout ce qui passe est bon à prendre mais avec une nette préférence pour les aliments particulièrement gras et sucrés ; aliments que ces personnes s’interdisent volontiers en dehors des crises compulsives. La nourriture vite préparée a également davantage la côte.
Tout comme pour l’hyperphagie, une crise est constituée d’une prise énorme de nourriture et ce de façon incontrôlable. Plus encore que dans l’hyperphagie, les crises se font à l’abri des regards tant les sentiments de honte et de culpabilité peuvent être présents. Ici aussi, les éléments déclencheurs sont variés : apaiser des tensions importantes au travail, palier à une contrariété ou une émotion forte, s’armer face au stress, faire face à l’ennui ou même à l’anxiété sociale.

Si l’on observe très souvent un grand dégoût de soi après ce type d’excès, ce sentiment n’empêche pas la crise suivante d’apparaître.
La fréquence des crises est très variable d’un individu à l’autre, d’un moment à l’autre, mais peut atteindre plusieurs fois par jour chez certaines personnes.
En dehors des crises, la tendance est à se priver et à proscrire certains types d’aliments (que l’on retrouvera ensuite dans les compulsions).
Si la boulimie vient momentanément soulager ou masquer un mal de vivre, il n’en reste pas moins qu’elle procure peu de plaisir contrairement à une simple gourmandise. Le goût intervient finalement peu.
Ce qui se joue est plutôt le caractère bourratif, la facilité d’absorption et aussi la facilité à se faire vomir après.
Les aliments sont engloutis avec une vitesse parfois déconcertante, parfois même ils sont à peine mâchés et la personne va jusqu’à la saturation, jusqu’à l’écœurement.
Une fois la crise réalisée, survient la hantise de voir toute cette nourriture se transformer en amas graisseux.

Et c’est là que vient la distinction majeure par rapport à l’hyperphagie :

La personne se lance alors dans une série de conduites dites compensatoires : elle se fait volontairement vomir avec parfois violence « pour être sûre de ne rien garder » ; elle peut avoir recours à des quantités importantes de laxatifs et / ou diurétiques ; certaines vont tenter des préparations thyroïdiennes, d’autres encore vont alterner avec des périodes de jeune voir d’anorexie. Les pilules « sensées faire maigrir » sont également fortement consommées par certains.
C’est comme si la personne corrélait sa valeur personnelle à son poids et à sa silhouette. La journée entière peut ainsi être teintée de pensées obsessionnelles autour du poids et de la nourriture.
Contrairement à l’anorexique qui se sent toute puissante et dans la maîtrise absolue, la personne souffrant de boulimie a beaucoup de mal à vivre cette absence de contrôle et des aspects dépressifs voire suicidaires peuvent apparaître.
Petite remarque en passant : chez certains individus, la boulimie fait suite à une période anorexique mais pour d’autres, elle peut se déclencher sans restriction alimentaire préalable.
Il arrive souvent que la crise soit planifiée à l’avance : on sait clairement à quel moment on va la réaliser (régulièrement après le travail, après l’école…)
Si à l’inverse de l’anorexie, la sexualité n’est pas nécessairement désinvestie, elle peut néanmoins être évitée. Pour d’autres, la sexualité sera une autre boulimie : en quête d’affection, les partenaires peuvent se multiplier sans jamais venir combler le vide intérieur. Ces relations sont parfois représentatives du manque d’estime que la personne a pour elle-même.
Plus encore chez les boulimiques, nous retrouverons une impulsivité, une difficulté importante à gérer les frustrations, une souffrance face aux séparations.
Nous verrons dans un prochain article les conséquences tant somatiques que sociales que psychologiques de ce trouble.

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Florence
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