Les techniques bariatriques : leurs indications, leurs dangers !

Vous êtes en surpoids depuis des années et envisagez la pose d’un ballon ou une chirurgie gastrique ?
Quels sont dès lors les préalables que vous devez connaître et les questions auxquelles vous devez faire face ?

Commençons par les principes de base de la démarche:

  •  Le poids : votre indice de masse corporelle doit être supérieur ou égal à 40
    En cas de comorbidité sévère (diabète, problèmes cardiaques, hypertension artérielle, apnées du sommeil..), ce seuil peut être ramené à 35.
  • L’intervention ne peut être envisagée qu’après échec d’autres tentatives de solutions plus traditionnelles telles que régimes, sport, travail psychologique sur les comportements…
  • Le problème d’obésité existe depuis au moins 5 ans
  • Le patient doit être informé et conscient de ce que ce type de chirurgie entraîne comme risques
  • Le tout doit être rodé par une équipe connaissant le sujet : chirurgien, diététicien(ne), endocrinologue, pneumologue, psychologue ou psychiatre.

Quelques exemples d’interventions :

Interventions purement restrictives (manger moins)

Ces interventions visent souvent des sujets plus jeunes, sans gros problèmes de comorbidités et où l’hyperphagie est nette (voir article sur l’hyperphagie)
L’état psychologique se doit d’être relativement stable et il ne doit pas y avoir d’hernie hiatale franche.
– Le ballon intra gastrique :
Méthode servant souvent de « pont » avant une chirurgie ; technique simple et rapide visant à donner une sensation de satiété plus précoce.
Malheureusement, les résultats sont souvent peu probants sur le moyen et long terme !
– Anneau gastrique
Facile à mettre, facile à enlever, il vise à réduire la capacité de l’estomac.
Néanmoins, cette technique est de moins en moins utilisée vu son efficacité discutable et ses complications fréquentes : risque de dilatation de la paroi gastrique si l’on force et retentissement négatif sur l’œsophage.
– Sleeve
Ici aussi, l’intervention est assez simple et brève, le but étant d’enlever la partie de l’estomac qui fabrique le ghréline (hormone poussant à manger). Cette ablation permet de beaucoup moins ressentir la faim. Si le confort de vie est certes plus grand, cela n’empêche pas certaines complications possibles : risques de fistules et conséquences négatives au niveau de l’œsophage.

Interventions mixtes (restrictives et malabsorptives)

Ces méthodes associent une réduction gastrique (manger moins) à une dérivation intestinale entrainant une élimination plus grande.
Elles concernent surtout les personnes ayant un IMC très important et des complications métaboliques évidentes (diabète…). Le profil alimentaire est souvent axé sur une consommation de sucres et de lipides conséquente sans pour autant parler d’hyperphagie.
– Le by-pass gastrique
L’efficacité est sans nul doute plus grande mais il s’agit d’une opération plus complexe nécessitant une bonne préparation. Une partie des vitamines étant aussi éliminée par le mécanisme mis en place, un suivi à vie est de rigueur pour éviter des carences qui peuvent être mortelles.

Les contre-indications (à ne pas considérer comme étant définitives vu l’évolution faite dans le secteur)

Dans la mesure du possible, on évitera d’avoir recours à ces techniques invasives lorsque :

  • La personne souffre de troubles dépressifs sévères non pris en charge
  • Des troubles psychotiques sont présents
  • Des tendances suicidaires existent
  • Des troubles du comportement alimentaire tels que la boulimie sont observés

Gardons à l’esprit qu’une compulsion alimentaire est le symptôme d’autre chose et reflète un mal de vivre plus généralisé qu’une intervention externe ne peut pallier.

  • La personne souffre d’alcoolisme : la compulsion alimentaire ne pouvant plus se réaliser, on retrouvera une aggravation de la tendance à boire ainsi qu’une aggravation des conséquences de l’alcoolisme sur la santé de l’individu.
  • En cas de toxicomanie qui elle-même engendre des troubles au niveau de l’appétit et des comportement parfois incontrôlables.
  • En cas de déficit intellectuel tel que le patient ne comprend pas les implications que ce genre de traitement engendre.

Tout cela pour souligner l’importance d’un suivi psychologique afin ne pas se retrouver perdu et désemparé.
Sur le plan de la santé, on ne réalisera pas d’intervention si une hypothyroïdie non traitée est découverte. On veillera d’abord à rétablir l’ordre sur le plan endocrinien.
Tout problème de santé grave devra d’abord être stabilisé avant d’envisager des mesures bariatriques : stent coronaire, problèmes respiratoires, apnées du sommeil.. et ce en raison des risques liés à l’anesthésie.

L’état du tube digestif sera sérieusement considéré : en cas de pathologies inflammatoires importantes, l’opération peut également être mise de côté.
En cas de cancer (sauf si absence de récidive depuis 10 ans), on évitera aussi ce type de techniques.
Une décision d’intervention chirurgicale ne doit donc pas se prendre à la légère ni être perçue comme une solution miracle. C’est ce qui explique un bilan pluridisciplinaire de la plus haute importance.

De multiples facteurs influenceront les résultats tels que : l’histoire du poids ; la présence de comorbidités ; l’état psychologique et le mode alimentaire du patient ; le bilan hormonal et métabolique ; le bilan cardio-respiratoire ; le bilan gastro-entérologique ; l’âge ;l’IMC de départ…
Toute décision concernant votre corps doit viser un projet global de bien-être pour vous-même ! Le but n’est pas de vous faire du mal mais bien d’avancer avec douceur et bienveillance vers vos objectifs.

Des interrogations vous viennent à l’esprit ? Laissez-moi un petit commentaire !

Florence,
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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